La raison cachée du Mondial réussi de l'Angleterre

Colin D. - vendredi 13 juillet 2018 671 Likes

L’Angleterre a vécu l’une de ses meilleures campagnes de Coupe du monde en atteignant les demi-finales pour la première fois depuis 1990. Longtemps moqués, mais surtout frustrés, en raison de leurs échecs répétés en compétitions internationales, nos voisins anglais ont embrassé une nouvelle mentalité sous l’ère Gareth Southgate. Le sélectionneur des Three Lions prône l’apport des expériences variées, ainsi que l’adversité qui les accompagne. Un gros manque chez les générations précédentes, qui a coûté cher selon lui. 

La majorité des profils qui composent son groupe de 23 partagent ce point commun. Ces joueurs n’ont pas hésité à quitter le cocon de leur club formateur pour grappiller du temps de jeu et rencontrer des difficultés diverses. Ces choix leur ont permis de gagner en maturité comme en expérience. Paradoxale quand on sait que l’Angleterre est l’une des plus jeunes équipes présentes dans ce Mondial. Les 23 joueurs représentent un passage dans 93 clubs différents dont 46 prêts. 16 de ces joueurs ont joué au moins 10 matches à un niveau inférieur à la troisième division (League One). Colossal !

Le onze titulaire lors du match d’ouverture de ce Mondial avait évolué dans 46 clubs différents. À titre de comparaison les 23 de la « Génération dorée » de 2006 (comprenant Beckham, Lampard, Gerrard, Owen et consorts) en représentaient 60. L'équipe titulaire utilisée en début de Coupe du monde par Sven Göran-Erikson rassemblait 32 clubs (dont neuf pour le seul Peter Crouch). De son côté, les CV cumulés du premier onze de Didier Deschamps face à l'Australie en comptaient un total de 26.

Un rapport à l'adversité qui fait la différence

Le groupe composé par Southgate a fait ses gammes au sein de plus de centres de formation et d'équipes de niveau inférieur que lors des deux dernières décennies. Passé par Millwall, lors d’un prêt de Tottenham, Harry Kane décrit la bataille pour le maintien comme comme l’expérience qui lui a permis « de devenir un homme ». Même son de cloche du côté de Kyle Walker. « Certains dépendaient des matches gagnés pour payer leurs emprunts. J’avais toujours été protégé à Sheffield. C’est quelque chose que je n’avais jamais vu avant ».

Cette évolution dans le parcours des Three Lions est bénéfique au plus haut niveau selon Mark Robins, ancien entraîneur de Trippier lors de son passage à Barnsley. « Les centres de formation font un travail extraordinaire mais il y a une nette différence avec les divisions plus modestes. La pression du résultat exercée au quotidien permet d’atteindre un niveau plus élevé techniquement et mentalement ». Privés du luxe dont leurs ainés ont bénéficié, les hommes de Gareth Southgate savent, en partie, à quoi il doivent leur réussite.

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