Pourquoi le carton rouge de Beckham en 1998 est son meilleur souvenir

Jonathan Ferdinand - mercredi 27 mars 2019 467 Likes

Trophées collectifs ou distinctions individuelles, le palmarès de David Beckham est bien rempli. Passé par Manchester United, le Real Madrid, l'AC Milan, le LA Galaxy ou encore le Paris Saint-Germain, le "Spice Boy" a connu de nombreuses joies dans sa carrière de footballeur. Une carrière qui lui a offert de nombreux souvenirs heureux. Pourtant, le milieu de terrain au style iconique a gardé pour meilleur souvenir de sa carrière ce que le commun des mortels considérerait comme un échec.

En effet, si vous avez la chance de lui demander son meilleur souvenir de footeux, il vous répondra sans hésiter le carton rouge qu'il a reçu lors du 8e de finale de la Coupe du monde 1998 face à l'Argentine. Avec Alan Shearer, Michael Owen, Paul Scholes et David Beckham, la sélection anglaise est bourrée de talent et pleine d'espoir pour ce Mondial en France. Mais alors que le score est de 2-2, David Beckham dégoupille après une charge de Diego Simeone. Alors que le milieu de terrain anglais est au sol, il assène une léger coup de pied à celui qui est depuis devenu entraîneur. Malin, "El Cholo" en rajoute.

Pour Oh My Goal, Darren Tulett se souvient : "Beckham n'aurait pas du faire ça. Mais si vous regardez les images à nouveau, Simeone tombe au sol comme si on lui avait tiré dessus. Comme s'il avait été abattu. Beckham l'avait à peine touché." Cinéma ou pas, le geste est là et l'arbitre exclu le milieu de terrain des Three Lions. Auteur d'un bon match, l'Angleterre n'y arrive plus et s'incline au terme d'une séance de tirs au but (2-2, 4 t.a.b 3). "Il prend ce carton rouge et sa sélection perd alors que la nation avait beaucoup d'espoir en elle. Beckham a été tenu pour responsable même si tout le monde savait que le rouge était sévère", prolonge le journaliste.

Le carton rouge de Beckham en 1998 (à 2'35) :

Le jeune Beckham est pris en grippe par tout un pays. Il devient ni plus ni moins qu'un bouc émissaire de l'échec de 1998. La presse s'acharne alors sur lui : "10 Lions héroïques, un garçon stupide" ; "Vous n’êtes qu’une blague Becks", peut-on lire en Une des journaux anglais. Il reçoit même des menaces de mort de la part de certains concitoyens. À l'Euro 2000, il fait un doigt d'honneur aux supporters anglais après l'élimination dès le premier tour. Malgré cela, ce carton rouge de 1998 reste un grand moment de sa carrière. Un échec qui l'a endurcit et rendu plus fort. "C'était vraiment difficile pour moi, en tant que personne et en tant que joueur, mais ça m'a rendu mature plus vite", se souvenait-il en 2016 pour QG.

Petit à petit, malgré les huées, malgré la haine et les critiques, il reconquit le cœur des anglais. Il se fait définitivement pardonner le 6 octobre 2001, à Old Trafford, alors que l'Angleterre affronte la Grèce dans le cadre des éliminatoires au Mondial 2002. Sur un coup franc magique parfaitement tiré à la 93e minute, il délivre tout un pays, valide à lui seul le billet anglais pour le Japon et la Corée du Sud. Il passe de zéro à héros en un éclair de génie.

Le coup franc de Beckham contre la Grèce :

"Ce n'était pas seulement un coup franc pour l'Angleterre, c'était aussi pour moi. C'était le moment de tirer un trait sur quatre années de douleur, d'amertume, de haine. Comme si ce moment m'était réservé, raconte l'Anglais quelques années plus tard. Tous les doutes qui subsistaient à mon sujet en tant que joueur et en tant que personne avaient disparu en un instant. Je savais que l'un des chapitres les plus difficiles de ma vie avait pris fin. J'étais enfin pardonné."

Un trait est tiré sur le passé entre un homme et sa nation. Le David Beckham prophète en son pays est né. Le qualificatif "idole" ne le lâchera plus jamais.

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