Comment Rafael Benítez a empêché Leo Messi de marquer en 2007

Jonathan Ferdinand - samedi 19 janvier 2019 2.1k Likes

Tous les entraîneurs se posent la même question : comment arrêter Lionel Messi ? Comment l'empêcher de marquer ? Il y en a quelques-uns qui ont trouvé la solution. Parmi eux, un certain Rafael Benítez, lorsqu'il était à la tête de Liverpool. Nous sommes en mars 2007 et les Reds s'apprêtent à recevoir le FC Barcelone pour le huitième de finale retour de la Ligue des Champions. A l'aller, ils ont réussi l'exploit de ramener une victoire du Camp Nou (2-1). Pour préserver son avantage, le technicien espagnol réfléchit à une manière efficace de stopper La Pulga.

C'est alors qu'une idée inattendue lui vient. Et c'est sur le latéral droit Álvaro Arbeloa que ça retombe. "Je m’entraînais à Melwood et Rafa vient me voir. 'Arrière gauche'. Gauche ? Cela voulait dire marquer Messi, racontait-il au Guardian. Je suis resté à le regarder, en attendant qu'il rigole (…). Mais j'ai vu qu'il était totalement sérieux. J'ai pensé : 'Madre mia'." Messi n'a pas encore le moindre Ballon d'Or, Ronaldo non plus d'ailleurs, mais il est déjà redoutable. Benítez est convaincu de son idée : mettre un droitier à gauche pour empêcher Messi de rentrer sur son pied gauche. Courant pour des ailiers, pas pour des latéraux. "Le principe est relativement simple. Messi, jouant sur l'aile droite, gaucher, privilégiait la diagonale vers l'intérieur. Arbeloa, droitier, au poste de latéral gauche, serait capable de stopper ses dangereux slaloms", expliquait Benítez dans son livre Champions League Dreams.

BENíTEZ : "Si Messi a du temps, il peut t'infliger des dégâts substantiels"

"Arbeloa devait rester proche de son homme, ne pas le laisser respirer, ajoutait-il. Si Messi a du temps, il peut t'infliger des dégâts substantiels. Nous avions préparé des DVD pour Arbeloa, pour qu'il connaisse les mouvements de Messi (...). À l’entraînement, il jouait à gauche, face à un joueur gaucher, reproduisant le travail qu'il aurait à faire contre Barcelone."

Les autres joueurs avaient pour consigne de ne pas utiliser Arbeloa durant la possession. Quand Liverpool a la balle, ils jouent à 10, pas 11. Mais le résultat s'avère positif. Si le Barça s'impose 1-0 à Anfield, Messi n'a pas marqué. Il a été muselé par son garde du corps. Si Benítez et Arbeloa n'ont rien inventé, puisque Rinus Michel et Ruud Krol l'avaient déjà expérimenté à l'Ajax, Rudi Garcia avec Franck Béria à Lille ou José Mourinho avec César Azpilicueta à Chelsea reprendront l'astuce.

Cette rareté s'explique aisément. A la différence du joueur offensif, les défenseurs ont besoin de beaucoup plus de repères : le placement du corps, la distance d'intervention, la zone vers laquelle emmener l'adversaire, pour ne citer que cela. Une explication offensive peut également être apportée. Désormais, on demande à un joueur d'apporter offensivement, de dédoubler et centrer. Un droitier à gauche ne sera pas en bonne position pour centrer. Il pourra rentrer vers l'intérieur et frapper, mais c'est davantage à l'ailier devant lui que cette tâche incombe. Un coup d'épée dans l'eau ? Non, Liverpool a vu les quarts, et même la finale. Surtout, l'histoire retiendra que l'espace d'un soir, Benítez a réussi à museler Messi avec une astuce toute simple.

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