Les 3 astuces de l'Ajax qui ont permis à de Ligt d'être monstrueux à 19 ans

Luxmana P. - samedi 22 juin 2019 0 Like

Durant la saison 2018/2019, un grand d'Europe a fait son retour dans la course à la Ligue des Champions, à savoir l'Ajax Amsterdam. Le club néerlandais, aujourd'hui doté d'un budget bien moindre en comparaison des cadors que sont le Real Madrid, le FC Barcelone ou encore le Bayern Munich, s'est hissé dans le dernier carré de la compétition européenne en s'appuyant sur son ADN : le football total.

Les jeunes issus du centre de formation en ont profité pour tirer leur épingle du jeu à l'image de Frenkie de Jong, recruté par le Barça, et du jeune capitaine Matthijs de Ligt. Du haut de ses 19 ans, le défenseur pisté par le PSG et Barcelone serait proche de s'engager avec la Juventus, comme le font savoir De Telegraaf et Sky Italia. Mais comment l'Ajax a fait de son stoppeur l'un des joueurs les plus convoités de la planète ?

Tout débute lorsque le regretté Johan Cruyff fait appel en 2010 aux formateurs Wim Jonk et Ruben Jongkind pour redresser le club et son centre de formation. Le "plan Cruyff" vient de naître. En grande difficulté, le club néerlandais va alors s'appuyer sur ces deux hommes pour se relever année après année. Dans un entretien accordé en avril dernier à Eurosport, Ruben Jongkind s'est exprimé sur les idées qu'ils ont mis en place pour révolutionner l'Ajax et le football. Un homme symbolise parfaitement la réussite de ces méthodes : Matthijs de Ligt.

Un défenseur-milieu de terrain

Défenseur central, c'est à ce poste qu'évolue de Ligt. Pourtant, cette position il ne l'a pas occupé tout au long de sa formation, pour une raison toute particulière. "Matthijs de Ligt a été formé comme défenseur central. Quand il avait 14 ans, on a décidé de le mettre au milieu de terrain. Si tu penses comme un entraîneur basique, tu te dis que c’est étrange et peut-être même problématique pour le match et donc le résultat final. Mais Matthijs était tellement fort en défense centrale, que c’était dangereux pour sa progression. On voulait le faire progresser sur son utilisation du ballon, sur le fait qu’il doive créer de l’espace avec ses relances, qu’il accélère le jeu, qu’il se développe techniquement", a expliqué Jongkind, avant de poursuivre.

"Cette vision à 360° explique pourquoi on l’a mis au milieu de terrain. En plus, on l’a mis à ce poste en U17 alors qu’il n’avait que 14 ans. Si on avait voulu juste gagner des matches, on l’aurait laissé en U14 et en charnière, mais ce n’était pas intéressant pour son développement personnel. Et c’est aujourd’hui l’équipe première qui en bénéficie. On a fait la même chose avec Justin Kluivert en le mettant à toutes les positions de l’attaque, en ne le laissant pas simplement sur son côté."

Un joueur tout terrain

Vous l'avez compris, la polyvalence est une qualité recherchée par les formateurs de l'Ajax. Pour ce faire, évoluer à plusieurs postes est une option, tout comme s'essayer à plusieurs "types" de terrains. Une idée sur laquelle se sont penchés Ruben Jongkind et Wim Jonk.

"On a remarqué et on le sait que les plus grands joueurs ont joué dans la rue et y ont beaucoup appris. Ce n’était plus le cas ces dernières années. On a donc commencé à s’entraîner sur des parkings pour développer leur habilité technique et leur faculté à jouer debout puisqu’on ne peut pas tacler sur du béton. On a aussi fait du futsal pour leur apprendre à évoluer dans les petits espaces, mais aussi du football sur des terrains de squash pour les rebonds et l’intensité... tout ceci pour qu’ils s’habituent à de nouvelles situations et à différents espaces. Toujours dans l’idée du développement individuel du joueur." Force est de constater que la qualité technique des joueurs de l'Ajax a sauté aux yeux de tous, tout au long de l'exercice 2018/2019.

Les détails font la différence

Comme bien souvent, les petits détails font la différence, d'autant plus au très haut niveau. Et ça, les formateurs de l'Ajax l'ont bien compris. Des détails qui englobent plusieurs domaines, de la scolarité à la nutrition, en passant par la manière de courir.

"On a fait en sorte qu’ils passent plus de temps à l’Académie. Avant, quand ils étaient sortis du système scolaire, ils venaient pour l’entraînement et repartaient juste après. On a créé une école au sein de l’Ajax et des moments de vie pour qu’ils restent toute la journée. Cela nous a permis de travailler plus spécifiquement avec les joueurs et notamment tout le côté athlétique puisque cela faisait partie de mes spécialités (Jongkind a collaboré avec Bram Som, spécialiste du 800m, ndlr) : comment courir, comment bien exécuter les mouvements, travailler sur la résistance et la vitesse, la position du corps selon les circonstances, etc."

"On a aussi renforcé les contrôles sur le sommeil et la nutrition. Tous les clubs disent qu’ils ont des programmes communs, mais il faut travailler de manière individuelle car ils sont tous différents et leur environnement est très variable. On est allés au domicile des joueurs, on a parlé aux parents, on a constaté leur vie de tous les jours. Il faut explorer les moindres détails. Ce sont des attitudes que l’on voit plutôt sur des sports individuels normalement."

Quelques années plus tard, le travail porte ses fruits et les jeunes pépites du centre de formation tapent dans l'oeil des plus grandes formations et permettent à l'Ajax de briller à nouveau sur la scène européenne. Le "plan Cruyff" est une grande réussite et c'est le football qui en ressort grandi.

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