Di Bartolomei, une tragédie qui lie à jamais la Roma et Liverpool

Jonathan Ferdinand - mercredi 02 mai 2018 1.5k Likes

Chaque affiche a son histoire, ses émotions, ses controverses. En nous offrant une demi-finale de Ligue des Champions entre la Roma et Liverpool, le football ravive envers les plus anciens supporters romains une amertume profonde, une blessure toujours pas cicatrisée même après trente ans de thérapie. Et pour cause, en ce 30 mai 1984, au Stadio Olimpico de Rome, Liverpool est accroché par une Roma courageuse. Malgré cela, Liverpool remporte sa quatrième C1 - Coupe d’Europe des clubs champions à l'époque - contre les locaux, aux tirs au but (1-1, 4 t.a.b à 2). Cruel. Mais pis, ce match est le point de départ d'une terrible descente aux enfers pour le capitaine légendaire de la Roma, Agostino Di Bartolomei.

Di Bartolomei est l'une des premières légendes romaines, bien avant le contemporain Francesco Totti, aujourd'hui véritable dieu vivant giallorosso. Le milieu de terrain polyvalent et technique, formé à la Roma, ne vit et ne respire que pour elle. Capitaine de la réserve, puis capitaine de l'équipe première, il est l’un des incontournables de la grande Roma des années 80, celle qui remporte deux Coupes d'Italie (1980, 1981), un Scudetto (1983) et se hisse donc en finale de la Ligue des Champions 84.

Cette C1 est un traumatisme pour le dévoué Di Bartolomei. Son entraîneur suédois, Nils Liedholm, qui le fit progresser, décide de lui faire tirer le premier tir au but romain après l’échec d'un Anglais, et ce alors que son coéquipier Francesco Graziani s'était déjà avancé. Grave erreur : Di Bartolomei marque, mais Graziani manque son tir par la suite. Finale perdue.

"J’aurai préféré que Liverpool nous colle un net 2-0 et on n’aurait eu aucun regret. Alors que là, c’est une blessure qu’on aura en nous pour le reste de nos jours", regrettera après la rencontre un Di Bartolomei amer. La saison suivante, un autre Suédois, Sven-Göran Eriksson, adepte de joueurs rapides, prend les rênes de la Roma. Di Bartolomei, au jeu léché mais lent, est condamné à l'exil. Les tifosi, au fait de l'avenir de leur chouchou, saluent leur champion. En réalité, il s'agit un adieu. La Roma le laisse partir par la petite porte. En tant que joueur libre, le milieu italien rejoint son mentor Liedholm au Milan, à l'été 1984. Un maillot qu'il avait pourtant refusé seize ans avant, préférant rejoindre le centre de formation de la Louve. L'expérience ne sera pas un succès. En 1987, quand un certain Arrigo Sacchi débarque, il s'engage avec Cesena une saison, avant de terminer sa carrière en Serie C.

Les histoires d'amour finissent mal...

Mais la séparation avec la Roma est trop dure pour Di Bartolomei. Il garde malgré tout l'espoir d'un jour travailler avec son club de toujours, en vain. Les Giallorossi ne font pas appel à ses services, lui qui a pourtant tout donné à "sa" Roma, son club, sa ville. Quand un ancien arbitre est nommé directeur général, il s'attriste de n'être plus rien aux yeux des dirigeants romains. Nouvelle blessure dans l'esprit de la légende, celle de trop sans doute. Di Bartolomei ressasse encore la finale de 84 et ce titre européen qu'il n'a su conquérir. Et un certain 30 mai 1994, dix ans après la désillusion de sa vie, Di Bartolomei, passionné d'armes à feu, se tire une balle en plein cœur pour abréger ses souffrances.

Son retour tant attendu, Di Bartolomei le fera finalement à titre posthume. En 2012, son nom fait partie de la première classe à intégrer le Hall of Fame de la Roma. Avant Totti, c'était lui, l'Empereur de Rome.

À découvrir aussi

Tu aimeras aussi

voir la suite des articles

Rejoins la communauté