Le jour où la foudre a tué 11 joueurs d’une même équipe au Congo

Florian M. - vendredi 26 octobre 2018 2.6k Likes

Le football est un sport unique, qui ne se parle qu’avec un seul langage. Et peu importe le pays d’où nous venons, une tragédie est toujours mal venue. C’est de cette façon que la plupart des fans de ballon rond raisonnent tout autour du globe. Quand des joueurs décèdent d’une façon très mystérieuse et instantanée, il y a d’abord une vague de respect et de tristesse, avant que des soupçons n’apparaissent.

Le 27 octobre 1998, la République démocratique du Congo connaît l’un des drames les plus fous et étranges de son histoire sportive. Ce jour-là, lors d’une rencontre de championnat entre Basangana et Bena Tshadi se déroulant à Kinshasa, le terrain est particulièrement détrempé quand tout à coup… la foudre s’abat sur la pelouse et fait de nombreuses victimes. Les médias locaux rapporteront que les 11 joueurs du Bena Tshadi ont été tués par le phénomène météo, tandis que les joueurs de l’équipe à domicile en sont sortis indemnes.

La sorcellerie comme bouc émissaire

Bien souvent, les légendes racontent qu’il n’existe pas de mort naturelle sur le continent africain. Et c’est ce à quoi les enquêteurs locaux vont devoir faire face pour avancer dans leur affaire. La majorité des supporters du Bena Tshadi sont convaincus que ce qu’il s’est passé est un acte de sorcellerie de la part des supporters du Basangana. Difficile à prouver pour les autorités locales, qui vont partir à la chasse aux informations pour connaître les circonstances de la mort des différents joueurs.

Lors de cette tragédie, plus de 30 personnes ont été blessées par l'impact du tonnerre sur la pelouse. Toutes touchées à différents degrés, il semble pourtant physiquement impossible que les 11 joueurs de la même équipe trouvent la mort ce jour-là. Et si la magie noire fait partie des grands suspects de cette affaire, l'explication pourrait être beaucoup plus rationnelle.

Les crampons, un alibi solide

Dans une affaire comme celle-ci, dans un pays où les croyances sont multiples, il n'est pas surprenant que les enquêteurs soient totalement perdus. D'autant que la population ne cesse de contester et d'accuser la sorcellerie d'un tel acte. Pourtant, si l'on se penche sur le côté plus technique de l'accident, tout cela peut tomber à l'eau, et faire de ces croyances de simples légendes.

En effet, après avoir mené de multiples recherches, il s'est avéré que la raison qui a pu provoquer un tel désastre viendrait des pieds des joueurs. Lorsque la foudre frappe le sol, elle se répand jusqu'à trouver un point de chute. Dans cette situation, ce sont les jambes qui servent de conducteur à l'électricité. Mais quel rapport ? Et bien il se trouve que les joueurs de Basangana auraient opté pour des crampons moulés, tandis que ceux de Bena Tshadi auraient préféré des crampons vissés en métal. Une erreur fatale car le métal est un conducteur direct, les joueurs ayant malheureusement servi de paratonnerre.

Une exagération médiatique ?

S'il semble plus logique que les joueurs du Bena Tshadi aient été frappés majoritairement par la foudre ce jour-là, il n'est pas scandaleux de douter des faits rapportés par les médias locaux. Car certains spécialistes ont indiqué par la suite que le courant se propageait de bas en haut dans une situation pareille. Il passe par les jambes, avant de remonter, sans foudroyer la victime, et lui évitant donc une mort certaine. En revanche, si la foudre frappe directement un individu, les chances de survie sont minimes.

L'histoire aurait donc été remaniée par les médias locaux afin de donner une dimension bien plus incroyable aux faits. Ici, c'est la science qui vient démonter les informations rapportées. Mais d'un point de vue technique, il paraît plus logique que les joueurs de Basangana aient mieux supporté le choc. Quoiqu'il en soit, cette histoire très étrange gardera toujours sa part de mystère. Car si rien n'a été prouvé officiellement, personne n'est en mesure de dire que la sorcellerie est totalement innocente dans cette affaire.

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