Pep Guardiola explique pourquoi "il déteste" le "tiki-taka"

Jonathan Ferdinand - vendredi 18 janvier 2019 2.7k Likes

Dans le football moderne, lorsque l'on parle tactique, on oppose très vite deux styles de jeu, deux antonymes, deux philosophies incompatibles : le jeu direct et le jeu de possession. Le dernier cité est souvent réduit au "tiki-taka". Et qui dit "tiki-taka" dit FC Barcelone et Pep Guardiola. Si ce style a fait ses preuves avec de nombreux titres, sur la fin de "l'ère guardiolesque", il a eu tendance à endormir plus d'un fan de foot. Mais cette possession stérile n'est pas le style de Guardiola, bien au contraire.

Dans le livre Herr Pep, œuvre du journaliste espagnol Martí Perarnau qui l'a suivi toute sa première saison au Bayern, l’entraîneur catalan a fait part de son désamour pour la possession stérile. L’entraîneur catalan, qui n'a jamais dérogé de sa philosophie au Barça, au Bayern ou à Manchester City, n'aime pas le "tiki-taka" au sens générique, dans sa définition la plus générale. "Je déteste ce tiki-taka, je le déteste, confie le technicien. Il consiste à se faire des passes sans aucun sens et sans aucune intelligence. Il ne mène à rien. Ne croyez pas ce qu'on vous raconte : le Barça n'avait rien à voir avec le tiki-taka. C'est une invention. Mon idée est d'avoir le ballon, d'élargir le jeu, d'attirer l'adversaire dans un coin du terrain pour l'attaquer de l'autre côté. Notre jeu, c'est patapam pas tiki-taka." Guardiola n'aime pas la possession pour ce qu'elle est mais pour ce qu'elle permet : se créer davantage d'occasions et moins en concéder.

Guardiola : "mes joueurs ont décidé de devenir footballeurs pour jouer avec le ballon"

"Certains disent que la possession de balle n'est pas la chose la plus importante, mais pour moi elle l'est, rappelle-t-il. Avec le ballon, vous avez plus de possibilités de créer quelque chose et de concéder moins d'occasions. J'ai beaucoup de respect pour mes joueurs et, quand ils ont décidé de devenir footballeurs, ils voulaient jouer avec le ballon. Dans tous les sports collectifs, le secret est de surcharger un côté du terrain pour amener l'adversaire à faire pencher sa défense en réaction. On surcharge un côté, on attire l'adversaire sur celui-ci pour qu’il s’affaiblisse sur l'autre côté."  Une illustration qui fait penser aux attaques de handball et la recherche perpétuelle du décalage pour trouver un espace. "Une fois que tout cela est fait, on attaque et marque de l'autre côté du terrain, ajoute Guardiola. C'est pour cela qu'il faut passer le ballon, mais toujours avec une intention claire."

Ne dites plus que Guardiola est l'inventeur du "tiki-taka", encore moins qu'il en est un adepte. Son péché mignon, c'est le jeu de position.

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