5 stars du foot qui ont disputé un match malgré une très grosse blessure

Antoine Mérand - mardi 30 octobre 2018 1.2k Likes

« Le football est un sport de gentleman pratiqué par des voyous. Le rugby est un sport de voyou, pratiqué par des gentlemans. » Le film Invictus (2009), retraçant l’épopée sud-africaine à la Coupe du monde de rugby de 1995, se voulait le contre-pied parfait au succès populaire du football à travers le monde. Cette citation, fidèle à l’idée bien connue d’un football composé de pleureurs et de simulateurs, devenait alors l’étendard de tous ceux qui, et il faudrait un jour m'expliquer pourquoi, font du rugby et du football des sports rivaux qu’il faudrait inlassablement mettre en opposition.

Pourtant, le rugby se joue sur l’homme, là où le football se joue sur le ballon. L’un est basé sur le contact, tandis que l’autre s’articule autour de l’interception. Deux conceptions totalement différentes, qui demandent d’un côté un physique hors-norme et lourd, et de l’autre une taille proportionnée et athlétique, rendant cette dernière logiquement plus fragile au contact direct.

Loin de moi l’idée de nier le fait que certains footballeurs en rajoutent et se plaignent pour des bobos qui feraient hurler de rire les joueurs de DH, mais il existe (et il faut le souligner) des joueurs résistants et capables de finir un match bien que touchés par une blessure, plus ou moins grave.

5 joueurs qui ont joué un match malgré une grosse blessure

Franz Beckenbauer / Italie 4-3 Allemagne, 1970 :

Beaucoup considèrent cette rencontre comme le match du siècle. Affiche européenne des demi-finales de la Coupe du monde 1970 au Mexique, le duel opposant l’Italie à l’Allemagne fut le théâtre d’une fin de match complètement surréaliste. Menés au score toute la rencontre, les Allemands égaliseront à la dernière minute (1-1), et provoqueront la prolongation la plus mémorable de l’Histoire de la Coupe du monde. Les deux formations se répondront du tac au tac : 94’, l’Allemagne prend l’avantage, avant que l’Italie ne revienne à 2-2 quatre minutes plus tard. 104’, les Italiens marquent le but du 3-2, mais verront Müller relancer le match à la 110ème. Une minute plus tard, l’Italie revient à l’attaque et inscrit le dernier but, celui du 4-3, les propulsant en finale pour affronter le Brésil.

Une défaite cruelle pour l’Allemagne, d’autant plus que son numéro 4, Franz Beckenbauer, jouera de la 67ème à la 120ème minute avec l’épaule droite cassée. Le bras en écharpe et collé au torse par un sparadrap suite à un contact avec un défenseur adverse, le futur Ballon d’Or 72 et 76 entre déjà dans la légende en refusant de sortir du terrain, malgré l’inquiétude du staff. Une volonté incroyable qui ne sera pas récompensée ce jour-là, mais qui lui permettra par la suite de soulever l’Euro 72 et la Coupe du monde 74. Respect.

Luis enrique / Espagne 1-2 Italie, 1994 :

Entraîneur emblématique du FC Barcelone et désormais sélectionneur de l’équipe d’Espagne, Luis Enrique ne tire pas d’hier sa rage de vaincre. En 1994, les champions olympiques espagnols affrontent l’Italie en quart de finale du Mondial aux USA. Alors que les deux formations se dirigent vers une prolongation, Roberto Baggio s’offre un doublé à la 88ème minute, permettant à la Squadra Azzurra de mener 2-1. Les Espagnols tentent le tout pour le tout, par l’intermédiaire de Luis Enrique, à la lutte avec le latéral droit Mauro Tassoti dans la surface italienne. C’est alors que Tassoti, sans que l’arbitre ne voit quoi que ce soit, assène un violent coup de coude à Henrique. Le visage en sang et le nez fracturé, Enrique finit le match coûte que coûte, et voit son bourreau du soir rester sur le terrain. L’Italie remportera le match et fera tomber la Bulgarie en demi-finale, avant de chuter (encore) contre le Brésil sur la dernière marche aux tirs au but (3-2), après un décevant 0-0.

Justice sera faite après le match. Après visionnage des images, la FIFA donnera 8 matches de suspension à l’Italien, qui ne rejouera d’ailleurs plus jamais avec son équipe nationale. Juste retour des choses.

Petr Cech / Newcastle 3-2 Chelsea, 2013 :

Connu pour porter un casque suite à son impressionnant traumatisme crânien en 2006, Petr Cech bénéficie d’un physique puissant et résistant. A 36 ans, du haut de son mètre 96, il office toujours comme gardien numéro 1 à Arsenal.

En 2013, alors qu’il joue à Chelsea, avec qui il remporte la Ligue des Champions la saison passée, Petr Cech se casse le petit doigt lors du match opposant les Blues à Newcastle. Et au football, je ne vous apprends rien, le gardien joue (surtout) avec ses mains. Mais il ne dira rien au staff, et finira le match. Son silence lui coûtera cher, car au-delà de la défaite de son équipe, il manquera la double confrontation de Chelsea face à son ancien club tchèque, le Sparta Prague, en Europa League. En gage de lot de consolation, Cech remportera l’Europa League avec les Blues quelques mois plus tard.

Alexis Sanchez / Chili 0-0 Argentine, 2016 :

Remake de la finale de 2015, le Chili affronte l’Argentine en finale de la Copa America. Un an auparavant, les Chiliens soulevaient chez eux le premier trophée de leur Histoire en s’imposant aux tirs au but, après un triste 0-0. Un an plus tard, les deux formations se font de nouveau face. Le Chili d’Alexis Sanchez veut s’offrir un doublé face à l’Argentine de Lionel Messi. Et ils ne le savent pas encore, mais tout commence mal pour les Chiliens. Dans les premiers instants de la rencontre, Sanchez se fait une violente torsion de la cheville.

C’est alors que le joueur d’Arsenal fait preuve d’une force mentale hors du commun et réalise l’un des plus grands exploits inconnus du football mondial : il jouera 104 minutes avec une blessure qui en aurait envoyé plus d'un aux urgences. Remplacé par Francisco Silva durant les prolongations, il voit ses coéquipiers renouveler l’exploit de l’année passée, en remportant la finale aux penalties (4-2). Les Chiliens évoluaient pourtant à 10 contre 11 depuis la 28ème minute et l’exclusion de Marcelo Diaz. Les Argentins perdent pour leur part leur 3ème finale en 3 ans, après celle du Mondial 2014 et, donc, de la Copa America 2015.

Après la rencontre, Sanchez publiera des photos de sa blessure sur Twitter. Ça fait froid dans le dos.

Virgil Van Dijk / Liverpool 3-0 Southampton, 2018 :

"Virgil a joué avec deux côtes cassées depuis plusieurs semaines et a subi des injections constantes pour jouer avec Liverpool ces dernières semaines. Il voulait jouer contre l’Allemagne et il fallait rendre quelque chose au club", déclarait le sélectionneur hollandais Ronald Koeman le 16 ocotbre dernier en marge du match amical Belgique-Pays-Bas.

Vrigil Van Dijk souffrait d’une blessure aux côtes depuis… le 22 septembre, lorsque Liverpool s’imposait face à Southampton (3-0). Mais le joueur tentera de se soigner sans arrêter de jouer pour autant, pour ne pas rater les chocs de haut niveau auxquels les Reds ont dû faire face dans les semaines qui ont suivies : Chelsea (2x), Naples et Manchester City. Décision certainement inconsciente de la part du défenseur, mais qui démontre une vraie volonté de se battre en toute circonstance, et surtout de ne pas abandonner son équipe. Honorable.

Ces cinq preuves de combativités sont des exemples parmi tant d’autres. Et pour les amoureux du faux et de l’esprit de contradiction, qui vouent à la démolition de la réputation du football un culte permanent, l’ancien coach de Liverpool Bill Shankly émettait de son vivant une réponse intemporelle : « Le football est un sport simple rendu compliqué par des gens qui n’y connaissent rien. »

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