Équipe de France : l'énorme coup de gueule de Paul Pogba avant le Mondial

Jonathan Ferdinand - mardi 05 juin 2018 1.5k Likes

A quelques jours de s'envoler pour la Russie, Paul Pogba s'est livré au cours d'un large entretien accordé à France Football. Et comme souvent, le milieu de Manchester United ne s'est pas bridé dans ses déclarations, malgré l'échéance Coupe du monde qui l'attend avec l'équipe de France. L'international français est revenu sur les attentes qui tournent autour de lui en Bleus et sur la façon dont il est considéré par certains fans de foot, critiques à son égard. S'il sait qu'il est encore loin du Ballon d'Or, il regrette un traitement particulier mais ambitionne toujours de progresser et de devenir le patron des Bleus du haut de ses 25 ans.

Critiqué par certains pour toutes ses activités en dehors du terrain, Paul Pogba ne pense pas que cela à une influence sur son jeu et ses performances. Une hyper-présence dans les médias et sur les réseaux sociaux qu'il assume volontiers en dépit des conséquences néfastes que cela peut avoir sur son image. "Des personnes pensent que je suis arrogant, peut-être, que je ne prends pas les choses au sérieux, que je suis trop dans les réseaux que je ne me concentre pas que sur mon foot mais sur les sponsors. Et d'autres pensent que Paul est cool, bien, qu'il travaille, qu'il prend du plaisir, qu'il est souriant, qu'il ne change pas, qu'il dit ce qu'il pense et qu'il fait ce qu'il veut faire. Quand les gens me voient en personne, ils sont surpris et se disent que je suis vraiment gentil. Ceux qui ne me connaissent pas regardent les apparences." Un regard extérieur qui ne le dérange pas plus que cela : les gens "ont le droit de ne pas l'aimer, chacun à son opinion" assure-t-il en parlant de lui à la troisième personne.

"Je marque des buts, d'autres non"

Mais le point qui agace le plus l'ancien milieu de la Juventus, c'est la façon dont ses performances sont analysées. "On ne me juge pas comme un milieu de terrain. Je suis un 8. Je marque des buts. D'autres à mon poste n'en marquent pas, ne sont pas décisifs mais je suis moins bon qu'eux. Donc, moi, on me juge sur quoi ? Sur mon poste ? Sur mes passes décisives ? Sur le jeu ? Les dribbles ? Sur quoi ? On va dire : 'Paul il peut tout faire'. D'accord (…). Mais si aujourd'hui le coach me dit 'tu restes milieu défensif', je vais faire quoi ? J'écoute les médias ou mon coach ? Je ne contrôle pas tout." Il déplore qu'un joueur comme Andrés Iniesta soit jugé pour sa capacité à trouver des décalages mais pas lui. Pour "La Pioche", on attendrait de lui des stats, des buts, des passes décisives, alors que ce n'est pas son rôle premier. Il déplore qu'on le juge comme un numéro 10 ou 9. S'il regrette ce traitement particulier, il prend ça comme un "challenge". Avec la bonne mentalité donc, une fois de plus.

"Si j'étais jeune, je serais fan" de Paul Pogba

Mais avoir plus de responsabilités, Paul Pogba ne demande que ça, vraisemblablement. "Les critiques ? Ça ne me touche pas non. Parce que je joue pour l'équipe (de France). Mais, à un moment, il faut savoir. Paul doit être patron, oui, les gens en dehors le pensent, moi aussi. Je suis un des plus anciens avec Deschamps. Je veux être patron de l'équipe de France. Mais ce n'est pas que moi. Je veux prendre les rênes de l'équipe mais il faut que je sois aussi dans les meilleures conditions. Je ne dis pas que je veux qu'on change toute pour moi, ce n'est pas ça. Si je dois jouer arrière droit, je le ferai à fond." Un milieu à trois avec le côté gauche qui lui revient, c'est ce que préférerait toutefois le Mancunien.

A la question "serais-tu fan de Paul Pogba si tu étais gamin", le natif de Lagny-sur-Marne répond : "Oui, je pense. Je serais fan. Je vais me saucer de fou là, lâche le Red Devils en regardant un ami présent à l'entretien. Il est pareil sur le terrain et en dehors, il prend du plaisir. Il est lui-même, il kiffe toujours et ne se la raconte pas. Si j’étais jeune, il me donnerait envie de réaliser mes rêves. Il te fait réaliser que tu peux réussir." Bref du Paul Pogba dans le texte, tantôt ambitieux, tantôt fantasque, tantôt réaliste. En 2014 on le découvrait, en 2016 on l'attendait, en 2018 on continue d’espérer.

À découvrir aussi

Tu aimeras aussi

voir la suite des articles

Rejoins la communauté