OL 5-5 OM : le match le plus légendaire du football français

Antoine Mérand - jeudi 08 novembre 2018 2.3k Likes

Le championnat de France 2009-2010 est un quasi-remake de celui de 1998-1999, à quelques détails près. En 99, c’est Bordeaux qui est champion, au grand dam de son rival de la saison, l’Olympique de Marseille, qui laissera filer la première place à deux journées de la fin.

Dix ans plus tard, c’est la même histoire : Marseillais et Bordelais se font la guerre toute l’année, mais cette fois-ci les Girondins, champions de France en titre, baisseront totalement le pied après 11 journées passées sur la première place, et finiront 6ème. L’OM de Didier Deschamps soulèvera le trophée de Ligue 1, avec 78 points, 6 de plus que son dauphin… l’Olympique Lyonnais.

Quelques mois plus tôt, le dimanche 8 novembre 2009, les deux Olympiques se livreront d’ailleurs un véritable duel sans merci. A ce moment-là, Lyon est deuxième derrière Bordeaux, et Marseille complète le podium. Dans un stade Gerland des grands soirs, ce choc débouchera sur l’une des affiches les plus mémorables de l’Histoire du football français.

Lyon 5-5 Marseille, un match de légende :

Tout commence parfaitement bien pour les Rhodaniens. Dès la troisième minute, Pjanic ouvre la marque d’une magistrale demi-volée, avant que Souleymane Diawara ne vienne propulser un puissant coup de tête dans les cages d’Hugo Lloris, qui n’aura pas la main assez ferme. Onze minutes de jeu, et déjà 1-1. Le match est bel et bien lancé. Trop laxistes dans le marquage au milieu de terrain et pas assez rapides dans le repli défensif, les Marseillais ne parviendront pas à stopper la percée de Govou, qui vient fouetter la lucarne de Mandanda à la 14ème minute : 2-1.

Mais Hugo Lloris n’est décidément pas dans un grand soir. Juste avant la pause, Benoit Cheyrou envoie un boulet de canon de 25 mètres sur le gardien français, qui ne parvient pas à capter le ballon, le laissant filer derrière la ligne, malgré sa tentative de renvoi hors du cadre. 2-2, c’est la pause. Les Lyonnais ont inscrit deux buts fabuleux, les Marseillais s’en sont pour leur part tenus à la réussite, ou à la chance.

Au retour des vestiaires, les hommes de Didier Deschamps arrivent avec plus de conviction, galvanisés par leur égalisation chanceuse juste avant la mi-temps. 47ème minute, Koné répond à Pjanic et Govou, en reprenant à bout portant un centre venu de la gauche, et ce de l’extérieur du pied droit. Lloris n’y pourra rien, il est fusillé sur place. 2-3 pour l'OM.

Presque trente minutes s’écoulent, mais les Lyonnais semblent en difficulté devant le but. Marseille saura en profiter, et viendra inscrire le but du (soi-disant) break à la 74ème, par l’intermédiaire de Brandao et sa reprise zlatanesque sur corner : 2-4. On se l’accorde, Brandao et Zlatan dans la même phrase témoigne d’une folle incohérence, ou bien d’un climat de match absolument hallucinant. La suite des événements vient confirmer la deuxième option.

Il ne reste que 10 minutes dans le temps réglementaire. Les Lyonnais jouent leurs dernières cartes. Vient tout d’abord l’As, représenté ce soir-là par Lisandro Lopez, qui d’un malin petit piqué devant Mandanda vient redonner espoir aux publics de Gerland. Trois minutes plus tard, corner pour l’OL, le défenseur marseillais Gabriel Heinze touche le ballon du bras : penalty. Gerland exulte avant l’heure. Lisandro transforme : 4-4 !

Sonné, le club phocéen voit son rival du soir pousser jusque dans les derniers instants. Et l’heure du salut arrive pour l’OL, auteur d’une folle remontada. A la 90ème minute, c'est autour du Roi, Michel Bastos, de déchaîner les foules en reprenant une passe intelligente de Pjanic : 5-4. Quelle fin de match ! Lyon tient sa victoire contre toute attente. Néanmoins il faut encore tenir le temps des arrêts de jeu. Et si la chance était du côté des Marseillais en première période, elle semble toujours avec eux dans les ultimes instants. Cafouillage devant le but lyonnais, Diawara frappe, Lloris s’interpose, et le malheureux Jérémy Toulalan dégage la balle… dans son but. 5-5. C’est terminé.

Les deux formations pourront nourrir des regrets à l’issue de cette opposition, mais seront tout de même certaines d’une chose, celle d'être entrées dans l’Histoire de la Ligue 1.

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