Vidéo : quand Zidane a écrasé le Brésil avec une facilité déconcertante

Maxime H. - samedi 01 juillet 2017 2.8k Likes

« Brésil ou pas je m’en bats les couilles, Ronaldinho machin chouette, rien à foutre. » Cette phrase de Claude Makelele est presque devenue plus mythique que le match en lui-même. Le 1er juillet 2006, à Francfort, la France écrivait pourtant l'une des plus pages de son histoire en Coupe du monde en battant le Brésil (1-0). Tenants du titre, Ronaldinho, Ronaldo, Kaka et consorts ont ce soir-là trouvé leur maître : Zinédine Zidane. 

Le capitaine de l'équipe de France, brassard sur le bras, numéro 10 dans le dos et Adidas Predator dorées aux pieds, a illuminé ce quart de finale à travers des gestes techniques de très grande classe et des actions parfaitement senties, à l'instar du but marqué par Thierry Henry après un caviar de Zizou sur coup franc. Voyez plutôt.

Les meilleures actions de Zidane face au Brésil :

Claude Makelele avait raconté ce match pour Le Monde :

"J’ai vécu beaucoup de grands matchs avec mes clubs. Mais ce France-Brésil de 2006 reste mon plus grand match avec la sélection. On vient d’éliminer (3-1) l’Espagne en huitièmes de finale. On monte en puissance. On n’éprouve aucune crainte. Je crois que c’est davantage les Brésiliens qui nous craignent que l’inverse. On est à l’aise. On se connaît bien entre joueurs français et brésiliens. On se côtoie en club. Les vingt-deux joueurs qui entrent sur la pelouse sont des titulaires indiscutables en clubs. Dans le tunnel, on échange des gestes amicaux, il y a une forme de respect mutuel, et, en même temps, je pense qu’on a déjà pris l’ascendant sur eux. On est décontractés, on rigole en avançant dans le tunnel. Le fait de nous voir comme ça les déstabilise. On avait été comme ça aussi contre les Espagnols.

On entame la rencontre comme on l’a fait contre l’Espagne. On sait que cette Seleçao a un énorme potentiel offensif. Mais on sait aussi qu’il y a énormément de failles derrière. Et comme on est solides défensivement, on est sûrs d’avoir des opportunités. On n’est pas inférieurs à eux techniquement et on n’est pas impressionnés par l’effectif du Brésil, les Ronaldo ou Ronaldinho. Trois de nos joueurs offensifs avaient pour mission de bloquer leurs attaques, car avec Ronaldo, c’est but à la moindre occasion.

On fonctionne par paires, que cela soit au milieu, devant ou derrière. Chacun sait exactement ce qu’il doit faire et on est tous solidaires. Lorsque l’un de nous commet une erreur, les autres prennent le relais. C’est notre force. On est trois ou quatre à avoir beaucoup plus d’expérience que la plupart des joueurs sur le terrain. Les leaders veillent à l’équilibre de l’équipe en communiquant.

Le fait qu’on ne refuse pas de jouer les met en difficulté. Ils ne savent pas quoi faire. Zinédine Zidane joue avec beaucoup d’aisance, pratiquement à l’aveugle. Il se permet de dézoner, de revenir jouer au milieu avant de repartir vers l’avant. Il sent la force du groupe. Cela lui permet de pouvoir jouer son jeu technique, de passes. C’est une force supplémentaire lorsque vous avez des joueurs de ce talent. Zidane est équilibré dans sa tête. Il est étincelant.

A la 57e minute, il tire un coup franc à destination de Thierry Henry, libre de tout marquage. Titi inscrit le seul but du match alors que Roberto Carlos est en train de refaire son lacet ! C’est la première passe décisive de Zidane pour Henry. On célèbre le but et ce n’est qu’après avoir revu les images qu’on se rend compte de l’erreur de Roberto Carlos. Le match reprend et on met un gros impact physique. Eux aussi. C’est « box to box » : attaque contre défense. Celui qui perd le ballon a tout de suite droit au retour de bâton. Ce qui fait la différence en notre faveur, c’est qu’on est à bloc physiquement.

On est doués techniquement, on ne peut pas dire le contraire. Mais l’état de fraîcheur est la chose la plus importante à préserver. On n’est que quatorze ou quinze à tourner depuis le début de la compétition. Certaines équipes préfèrent remporter deux matchs et se reposer. Nous, on sait que plus on est concentrés, plus on progresse. Raymond Domenech a dit qu’on était une équipe de vieux. Pourtant, notre fraîcheur physique nous a permis de compenser nos lacunes au fil des matchs. Domenech a un rôle exceptionnel dans cette victoire : il nous laisse nous exprimer oralement. En même temps, il assume son rôle d’entraîneur et nous dit exactement ce qu’il faut faire. Moi, je l’avais côtoyé avant et je savais que c’était un grand technicien. Beaucoup de gens l’oublient.

Sur le terrain, on prend nos responsabilités au milieu de terrain. Si Zizou se fait tuer, Patrick Vieira et moi devons couvrir derrière pour couper l’attaque brésilienne. Il y a une protection mutuelle très forte entre nous. Le match avance, on est toujours en tête avec 1-0, les Brésiliens lancent tous leurs joueurs offensifs dans la bataille. On se retrouve avec cinq joueurs offensifs face à nous, et pas des petits joueurs, plutôt des « golgoths ». Il y a ce coup franc de Ronaldinho qui passe de peu au-dessus du but de Barthez dans les dernières minutes. On frissonne en suivant la trajectoire du ballon. Les Brésiliens comprennent alors qu’ils ne peuvent pas nous atteindre dans notre détermination, notre engagement. Ils savent qu’il leur faut réaliser un exploit pour arracher leur place pour les demi-finales. Au coup de sifflet final, on sent la déception dans les regards des Brésiliens, ils nous disent simplement qu’on a été plus forts qu’eux.

Pendant le match, on ne se rend pas immédiatement compte de la joie des supporteurs français dans le stade de Francfort. C’est après, quand tu regardes les images… Quand tu es joueur, tu es acteur et concentré. Tu vois une foule, tu vois des gens qui crient. C’est difficile de vivre ça à 100 %. Tu le ressens lorsque tu as gagné. Tu as tes amis et ta famille qui te parlent de la ferveur. Au fur et à mesure, on se rend compte de l’engouement en France, mais c’est après la compétition que l’on réalise vraiment ce qu’on a fait."

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