Real Madrid : les incroyables coulisses d’une Institution en quête d’équilibre...

OMG Staff - Friday 19 February 2016 1.7k Likes

En perpétuel renouvellement, le Real Madrid a beau avoir dix Ligue des Champions, depuis quelques années, le club est à la recherche d’une certaine stabilité. En coulisse, Pérez dirige l’Institution d’une main de maître.

Au Real Madrid, le Président Florentino Pérez a pris pour habitude de switcher d’entraîneur comme il change de chemise. Cette dernière restant aussi propre que blanche, rentre en contradiction avec la Casa Blanca, où tout n’est finalement pas si blanc. Du moins, c’est bien ce que nous raconte le Daily Mail a travers une analyse plutôt poussée des coulisses du club, avec en tête les dessous de l’éviction de coach Benitez.

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Du côté de Concha Espina, le boss est et restera Florentino Pérez. Normal, c’est le Président allons nous dire. Mais les pleins pouvoirs, ça a aussi des mauvais côtés. Le Président, très impliqué dans l’image que dégage son équipe sur le terrain, a sévèrement piqué son ex-entraîneur Rafael Benitez pour ses choix stratégiques. Notamment lorsque ce dernier a sorti Gareth Bale, auteur d’un quadruplé lors de la victoire 10-2 face au Rayo Vallecano, le 20 décembre dernier.

« Pourquoi avez-vous remplacé Bale », aurait asséné le Président à son coach, au sortir du match. Benitez assurant pour sa défense que c’était une faveur afin de permettre au Gallois de sortir sous l’ovation du Bernabeu ; ce à quoi Pérez rétorqua : « C’était une erreur. Il aurait du rester. Il aurait pu en marquer cinq ! »

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On en vient donc à parler de la fameuse philosophie du Président de la Maison Blanche. Celui qui a instauré l’ère des Galactiques au début des années 2000, n’est pas prêt à tirer totalement un trait sur cette dernière. Pour lui, les stars qu’il a achetées à prix d’or doivent jouer les 90 minutes d’un match, même si le tableau d’affichage affiche 10-2. En d'autres termes, si le match est plié et que Bale a encore le temps d’ajouter un 5e ou 6e but à son compteur, alors il faut le laisser sur le terrain. Le spectacle avant tout.

Le spectacle, c’est adopter une attitude offensive. Attitude si chère à l’histoire du club et à Pérez lui-même. Le Real a longtemps souffert de ce déséquilibre entre l’attaque et la défense après le départ de l’homme de l’ombre, Claude Makélélé, en 2003. Equilibre revenu peu à peu, sous l’ère Capello puis Mourinho.

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Vous l’aurez compris, c’est l’Institution qui impose sa patte avant celle de l’entraîneur. Et l’Institution madrilène est actuellement dominée par Florentino Pérez. Exemple, plus tôt dans la saison, au moment du mercato estival. Le Président, serein à l’idée de conclure l’arrivée de David De Gea, donnait alors la leçon à son nouvel entraîneur : Rafa Benitez.

« C’est facile au Real Madrid. Nous avons les meilleurs joueurs du monde. Alors David de Gea dans les buts, Danilo est le meilleur latéral droit dans le monde, alors il sera l'arrière droit ... .» Avant que l’ex-entraîneur de Naples n’intervienne : « Eh bien, Danilo est excellent pour aller de l'avant, mais nous pouvons l’améliorer défensivement parlant. » Une contre-attaque ? Pérez n’apprécie guère, et cette guerre c’est le Président qui la gagne puisqu’il continue tranquillement après un regard bien sévère au technicien. « Donc, Danilo arrière droit, Sergio Ramos, Raphaël Varane, Marcelo, puis Kroos et Modric, Bale, James, Ronaldo et Benzema. Facile. » Ambiance, ambiance...

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Benitez a du sentir qu’il était tombé dans un vilain bourbier en effectuant son retour dans son club de cœur. D’autant plus quand il a fait le choix fort de reléguer James sur le banc au profit du jeune Mateo Kovacic, acheté « seulement » 35 M€. Un nouveau pas de travers que ne va pas laisser passer « El Presidente » Pérez. La raison est simple (et aberrante).

« Savez-vous combien de maillots James vend? Kovacic ne nous vend pas un seul maillot ».

Oui, elle est marketing ! Le Real gagne un sacré pactole sur la vente de maillots... Il faut bien renflouer les caisses quant on sait que James a couté 80 M€ aux Madrilènes. Mais Pérez ne s’est pas arrêté là, puisqu’il a tout de même fait comprendre à son entraineur que l’achat de Kovacic était une erreur, car trop précoce.

« Nous aurions dû attendre quelques années, puis l’acheter pour 80M€. Au Real nous devons acheter le produit fini. »

Qu’on le veuille ou non, ça marche ainsi à Valdebebas. Du moins c’est bien la politique instauré par le Président, allant même jusqu'à se mettre à dos le légendaire Alfredo Di Stefano en 2007.

« On achète les œufs au magasin, alors qu'on a la poule à la maison. »

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La tension entre Pérez et Benitez est donc quasi à son paroxysme. L’humiliation subie par la bande à Cristiano Ronaldo lors du Clasico au Bernabeu (0-4), le 21 novembre 2015 est un autre épisode croustillant.

Benitez a pour cette rencontre fait confiance à la tactique de son Président, en alignant une équipe résolument offensive. Danilo, Varane, Bale, James étaient tous présents au coup d’envoi avec le résultat que l’on connait. Une gifle reçue par les Madridistas, Pérez y compris.

« Vous aviez raison, a-t-il alors concédé à son entraîneur. Faites ce que vous voulez à partir de maintenant ».

Le Real venait alors d’encaisser deux revers de suite (Séville puis Barcelone) et devait à tout prix relever la tête. Benitez avait enfin carte blanche, mais pour combien de temps ? Florentino Pérez le voulait dehors, mais il était encore trop tôt pour le virer.

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C’est alors que l’ancien technicien de Valence a malheureusement fait les mauvais choix. Le Président lui a laissé un peu de répit, pas la presse. Les absences régulières dans le onze de départ de James et d’Isco, étaient devenues de vrais sujets de controverses. En coulisse, Pérez attendait le moment opportun.

On est alors en décembre, et Benitez s’en sort plutôt miraculeusement bien. L’équipe joue mal, certes, mais les résultats sont présents. Les victoires face au Rayo donc, puis contre la Real Sociedad (3-1), sauvent sa tête. Il faudra attendre l’année 2016 et ce 3 janvier pour voir s’accélérer le plan de Pérez, le Real étant accroché sur la pelouse du FC Valence (2-2).

Comme un symbole, le club ché représentait la réussite de Benitez, avec lequel il avait remporté la Liga ou encore la Coupe UEFA en 2004. L’entraîneur a d’ailleurs reçu ce soir là l’amour de ses ex-supporters... Pas celle de Pérez.

« Rafa, tu nous as offert les meilleurs années de nos vies, merci ! » @lequipe « Rafa, tu nous as offert les meilleurs années de nos vies, merci ! » @lequipe

Deux jours plus tard, le 5 janvier, en marge d’une conférence de presse d’envergure, Zinédine Zidane est (enfin) nommé entraîneur du Real Madrid. L’un des fameux Galactiques doit désormais de nouveau faire briller la Casa Blanca.

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Entre une identité institutionnelle à respecter, un Président omniprésent (peut-être trop ?), le Real Madrid a bien du mal a trouver un équilibre sportif depuis quelques années. L’arrivée symbolique de Zizou, adulé par les Madridistas, est en plus d’être un énième coup marketing de Pérez, peut-être bien la meilleure des choses qui puisse arrivée au Real. Zidane, l’homme qui restaurera l’équilibre dans la force...

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