Comment Yannick Noah a fait gagner une Coupe d'Europe au PSG en 1996

Jonathan Ferdinand - mercredi 28 novembre 2018 5 Likes

Le Paris Saint-Germain version QSI attend impatiemment son heure en Ligue des Champions. A leur arrivée dans la capitale en 2011, les Qataris s'étaient fixés cinq ans pour décrocher la C1. Sept ans après, l'émir du Qatar attend toujours. Vingt-ans plus tôt, Canal+ aussi avait misé sur un investissement au PSG, un diamant à polir pour faire briller le foot dans la Ville Lumière. Même stratégie, mais différents moyens et autre époque, la chaîne cryptée attire des joueurs majeurs comme Valdo, David Ginola, Bernard Lama ou George Weah. La C1 est un objectif important mais, déjà, le club ne parvient pas à rallier la finale. Comme la version QSI, le PSG de Canal s'offre toutefois des coups d'éclats comme les victoires face au Real de Butragueño et au Barça de Cruyff.

En dépit d'une campagne victorieuse en Ligue des Champions, qui préfère sourire au rival marseillais, le PSG se rabat sur la Coupe des Vainqueurs de Coupes pour écrire son histoire européenne. Sur le terrain, exit certains cadres comme Weah, Ginola, Valdo, cités plus haut. Un succès européen qui a pu s'écrire sans ratures, aussi étonnant que cela puisse paraître, grâce au renfort de Yannick Noah. Si vous demandez à l’entraîneur parisien de l'époque, en l’occurrence Luis Fernandez, ce qu'il pense de ce titre, il vous répondra que celui-ci est mensonger. Pourtant, la venue de l'ancien tennisman devenu chanteur a été la clé de voûte pour remobiliser un groupe décousu sur le terrain et en dehors.

Noah pour "recréer du lien"

Bernard Lama était d'ailleurs revenu sur l'impact de l'interprète de Saga Africa dans la victoire finale en C2 1996. "L'ambiance était un peu pesante, racontait l'iconique gardien parisien dans France Football en 2016. On venait de perdre le titre de champion de France (au profit d'Auxerre), on était dans des conditions psychologiques un peu particulières, ce qui avait permis à Michel Denisot de ramener Yannick. Beaucoup de choses se sont jouées grâce à lui, lors de notre stage à Hendaye, parce que si on n'avait pas eu une bonne préparation mentale, on aurait été en difficulté. On n'était pas bien, il y avait une grosse pression, des désaccords avec nos dirigeants, des tensions avec l'entraîneur... Ce n'était pas la grande sérénité !"

Pour Lama, faire venir Noah était une "bonne idée". Le vainqueur de Roland-Garros 1983 a permis de "recréer du lien dans le groupe" grâce à son savoir-vivre. "Yannick a permis de décontracter le truc, de relativiser et de se concentrer sur l'objectif. Il n'a pas fait grand-chose d'extraordinaire, mais il a parlé individuellement avec chaque joueur, il a fait le point, pris le pouls. Le samedi soir, il a insisté pour qu'on sorte tous ensemble pour dîner. On ne s'est pas amusé, parce qu'on n'était pas là pour ça, mais bon, juste boire un verre, déconner, manger des tapas... En rentrant, on est resté au bar, à discuter jusqu'à trois, quatre heures du matin. Ça a permis de sortir de cette pression, et dès le lendemain on était concentré, d'autant que l'entraîneur nous attendait !"

Effectivement, Luis Fernandez était au départ farouchement opposé à la venue de Yannick Noah. Mais "le chouchou du Parc" accepte finalement comme il le raconte dans le documentaire PSG, 40 ans de fièvre : "J'accepte à une condition. Yannick n'empiète pas sur la tactique, la technique, la stratégie, sinon là je fais un bordel." Il n'en sera rien, comme le dit Lama. "Yannick a très bien géré son truc en ne se mêlant pas des affaires techniques." L'international français poursuit : "Le problème qu'on avait était plutôt lié aux tensions que l'entraîneur avait créé lui-même avec le groupe. Nous, on avait un objectif : gagner cette finale. Et on l'a fait." Une victoire 1-0 sur le Rapid Vienne grâce à un coup franc lointain de Bruno Ngotty.

Ce soir là, Noah est plus qu'un douzième homme. Il est le leader mental d'un groupe qui jusqu'ici avait été miné par une guerre des clans. Au moment de célébrer le titre dans les vestiaires, Noah est au centre, les joueurs l'encerclent. Il lance un chant typique qui résonne aujourd'hui encore dans toutes les têtes parisiennes de l'époque : "Yé ! Yé ! Yé ! Yé !" Le sourire qui avait disparu des visages parisiens est revenu. Ce soir de 8 mai 1996, Paris a remporté sa première Coupe d'Europe, en attendant la suite.

Quand Noah animait le vestiaire parisien après la victoire en C2 :

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